Captives, adoptées, parfois mariées chez les Haudenosaunee : certaines Canadiennes de la Nouvelle-France ont vécu bien loin du destin que la société coloniale leur réservait. Dans cet épisode, on explore ces trajectoires féminines atypiques, à la croisée du colonialisme, des rapports de genre et des mondes autochtones. Être « mariée à la sauvage », qu’est-ce que ça voulait vraiment dire ?
Une requête notariée conservée aux Archives nationales du Québec évoque le cas de Jeanne Garnier. Datée du 27 juin 1706, elle est destinée à Jacques Raudot, intendant de Montréal. Dans le document, Jean Rocheron agit au nom de sa femme, Geneviève Garnier, qui se déclare la seule survivante de la famille Garnier de Lachenaie. Il veut confirmer qu’il est le seul propriétaire des terres et des biens « de feu Julien Garnier, son beau-père, enlevé par les Iroquois avec sa fille Jeanne Garnier ».

















